Choisir l'essence de sa table
Nous travaillons majoritairement des feuillus issus des forêts rhénanes, à moins de cent kilomètres de l'atelier. Le choix n'est pas seulement une question de teinte : c'est une question de vieillissement.
Le bois d'ici
Les essences que nous travaillons le plus viennent des forêts rhénanes : noyer, merisier, hêtre, frêne blanc et frêne olivier, orme, chêne. Ce n'est pas un argument de circuit court plaqué après coup : c'est le bois que l'on connaît, dont on sait comment il réagit à la coupe, à la teinte et au temps.
Pour les pièces d'exception, l'atelier travaille aussi des bois précieux : bois de rose, palissandre, teck, macassar.
Ce que chaque essence apporte
- Chêne. Dur, dense, des nœuds et des gerses qu'on peut choisir de montrer. C'est l'essence des plateaux épais et des tables qui assument leur matière.
- Frêne olivier. Le plus demandé aujourd'hui. Un veinage très dessiné, presque graphique, qui fait le motif du plateau à lui seul.
- Noyer. Brun profond, veinage franc. C'est l'essence des tables sombres et des frisages soleil.
- Merisier. Il se patine en roux avec les années. Une table en merisier n'a pas la même couleur à dix ans qu'au premier jour, et c'est voulu.
- Orme. Le veinage le plus marqué de la liste. À réserver aux plateaux qu'on veut voir de loin.
- Hêtre. Grain fin, teinte homogène. C'est l'essence des pièces qui doivent se faire discrètes.
Le bois de bout
C'est une façon de débiter, pas une essence : on coupe le bois perpendiculairement à la fibre et on assemble les tranches. Le plateau montre alors les cernes de croissance au lieu du fil. L'atelier l'utilise depuis quelques années, parfois associé à une résine polyamine teintée qui coule dans les interstices.
Massif ou placage
La question revient toujours, souvent avec l'idée que le placage serait un moindre choix. Ce n'est pas le cas. Le massif est indiscutable sur un piétement et sur un plateau épais. Le placage, lui, permet des choses que le massif interdit : une marqueterie soleil qui rayonne depuis le centre du plateau, un frisage fil parfaitement régulier sur quatre mètres, une emboîture d'une autre essence en périphérie. Sur les très grandes surfaces, il est aussi plus stable.
L'atelier fait les deux, et pratique le placage pour d'autres artisans en sous-traitance.
La finition, prélevée chez vous
Une essence n'existe pas sans sa finition. Nous prélevons un échantillon de couleur chez vous et nous contretypons la teinte, la brillance ou la matité, et la rugosité. C'est ce qui fait qu'une table neuve ne détonne pas à côté d'un parquet ou d'une cuisine posés dix ans plus tôt.
Respecter le matériau
Quand on travaille le bois, il faut être souple dans tous les sens du terme. Il est important de respecter le matériau car si on le force, il va finir par travailler et se libérer.
Gil Rebert, L'Alsace / DNA, 8 avril 2024
Les réponses courtes.
Quelle est l'essence la plus demandée pour une table sur mesure ?
Le frêne olivier. « Aujourd'hui, le frêne olivier est le plus demandé, dit Gil Rebert. Mais nous utilisons aussi du noyer, du chêne, du merisier, de l'orme. »
Faut-il choisir du bois massif ou du placage ?
Les deux sont des solutions d'ébéniste. Le massif est indiscutable sur un plateau épais et un piétement. Le placage permet des frisages impossibles en massif, comme la marqueterie soleil, et reste plus stable sur les très grandes surfaces.


